Abbaye de Noyers Dom Housseau Tome XIV p 273 et suiv. (Rédigé vers 1760) Bibliothèque de Tours Microfilm du Fonds patrimonial Page 273 Hubert(1) de Noyant était un homme pieux qui donna Noyers Alodum. Il recourut à la Roi de France et au comte d’Anjou et tous ensembles, ils devinrent fondateurs de l’abbaye. Les comtes d’Anjou donnèrent le village de Doucé et Chenevelles. Les seigneurs de Nouâtre ont prétendu être les fondateurs de ladite abbaye. Ils commencèrent dès 1249 à s’arroger ce droit et à disputer aux religieux la justice haute mais ils furent déboutés et l’on fit alors une transaction entre les deux parties. Noyers est mouvant du Roi (2) à cause de ses châteaux de Chinon tant en fief que respect et justice. Hugues de Sainte Maure ayant reçu à l’article de la mort l’habit de religieux en l’église de Noyers il mourut peu après et fut enterré dans le parvis où Jacques de Mauny, abbé, fit bâtir la grosse tour. Il reste encore 4 figures adhérentes aux murailles. On croit que la première, du coté septentrional, est de Hugues l’ancien et la 2eme d’Adenorde sa femme, la 3eme du coté méridional est celle d’Hugues le jeune et la 4eme de Cassimote sa femme. Tous ont la couronne en tête. On croit que le tombeau que l’on voit sous une arcade près le grand autel du coté nord est celui d’Acharie ou Zacharie de Marmande. Le nom de l’abbaye de Noyers a varié. Dans ses commencements on l’appelait Abbatia Nucharensis, ensuite Notre Dame de Nucheriis, enfin on l’appela Abbatia B. Mariae de Nuceriis. L’abbaye de Noyers reconnaît pour ses fondateurs le Roi Robert, Hubert de Noyant et foulque, comte d’Anjou et pour ses principaux bienfaiteurs ; Urie, …, Simon de Nouâtre de Nuchastro, Hugues et Goscelin, comtes de Ste Maure et seigneurs de Nouâtre, d’où sont sortis le de la Rochefoucault, du Fou, d’Estouteville, de la Marche, d’Aigremeont, de Mont Papon jointe à présent à celle de Rohan de Guémené. 1. en marge : on croit que Hubert a été enterré dans le chapitre de Noyers, car le jour de son anniversaire, le 11 de septembre, on va au chapitre faire tous l’absolution et celle qui se fait à la … est pour tous les fondateurs. 2. en marge : Les religieux doivent à la couronne une maille d’or à chaque mutation du Roi Page 273b La règle de Saint benoit a toujours pratiquée et observée en ce monastère. Avant la fondation du monastère par Hubert de Noyant, il y avait en ce lieu une basilique dédiée à la Sainte Trinité et à la Sainte Vierge, mais on n’a pu trouver le temps de la dédicace. Il s’en est fait une seconde dédicace depuis la fondation du monastère sous l’invocation de tous les saints.Gislebert ou Gilbert, archevêque de Tours vint à Noyers en 1120 pour une dédicace que l’on croit avoir été de la Basilique et du monastère nouvellement réparé par les abbés Rainier et Etienne ; ou peut-être que c’était quelque dédicace de la nef ou de chapelle nouvellement bâtie ou réparée. Il parait que la partie orientale ou le rond oint de l’église a été bâti avant la construction du monastère et que c’est un reste de la basilique qui subsistait en 1030 lors de la fondation. (En marge faite en 1140 ???). Dès le commencement de l’abbaye de Noyers, l’élection de l’abbé était indépendante de toute personne soit ecclésiastique, soit séculière.Dès l’an 1075, l’abbaye fut très endommagée et l’abbé de ce temps se sentit obligé d’avoir recours aux charités pour réparer son monastère.En 1589, l’abbaye fut pillée par les calvinistes, l’église profanée les trésors furent volés, les chartes et titres déchirés ou emportés.Goscelin de Sainte Maure, célèbre bienfaiteur de ce monastère vivait du temps de l’abbé Henri, c'est-à-dire après 1172 et un Jean de Goscelin qui se fit moine en 1195 prit l’habit le 13 de novembre. Guillaume de Sainte Maure, seigneur de Nouâtre, vivait en 1220, du temps de Juhel, archevêque de Tours.Par une transaction entre ce seigneur et l’abbé et religieux de Noyers, on voit que les seigneurs de Nouâtre avaient leur sépulture en ce monastère.Ysabeau de Craon, dame de Sully, de Ste Maure, et de Nouâtre permet aux religieux de Noyers de faire planter des fourches patibulaires aux Bois aux Moines. Ces lettres sont données à Tours en son conseil le 26 juillet 1372.Noyers était regardé autrefois comme une ville, puisque Ysabeau de Craon, dans ses dites lettres dit que la ville de Noyers est environnée de la Châtellenie de Nouâtre et qu’il y a des murs de ville. Page 274 En 1226, Jean, archevêque de Tours, les archidiacres et les archiprêtres de l’église de Tours transigèrent avec l’abbé et les religieux de Noyers pour les droits de visites, procuration et pension annuelle dues par l’abbé et les prieurés dépendants de l’abbaye, payables à lui et à ses archidiacres et archiprêtres. L’abbé de Noyers donna à l’archevêque 50 livres pour placer en un fonds pour s’exempter du droit, à l’exception de Parilly qui paiera 10 sols à l’archidiacre et 5 sols à l’archiprêtre. La transaction est du 14 mai 1226. Elle est signée par manum Magister Gauteridi , consellarii Turonesis. L’abbaye de Noyers était unie de société avec les congrégations :De Saint Florent de SaumurDe Saint Ouen de RouenDe Saint Nicholas d’AngersDe Saint martin de Marmoutiers les Tours, de la Trinité de Vendôme, du Mont Saint Michel, les chanoines de Saint Mesmes de Chinon et la congrégation de la Trinité de Caen. L’abbaye de Noyers n’a rien de beau pour ses visiteurs si l’on en excepte l’église qui est une antiquité respectable. Les lieux réguliers n’ont rien de rare. Les cloîtres ont été bâtis par les abbés. On y voit les armoiries des Du Fou du Vigean et celles de France avec un autre qui l’on croit être d’Eustache du Bellay, évêque de Paris, qui était abbé en 1560 et qui et réparer le côté oriental.Dans l’église … un jubé d’une belle facture. L’ouvrage est très délicat. Si l’on en croit l’inscription qui est tout près du grand crucifix, c’est G de La Marche, seigneurs d’Aigremont de Montbazon, de Sainte Maure et de Nouâtre qi l’a fait construire ou du moins commencer. On lit dans les titres de cette abbaye que François de Maury, devenant évêque de St Brieuc, ensuite archevêque de Bordeaux fit finir cet Page 274b ouvrage. Ainsi il faut examiner quel est ce seigneur de la Marche et sa famille et celle des de Mauny. Ce qu’il y on peut le connaître par ses armoiries (elles sont celles de la famille de la Marche). On voit en plus de l’inscription un écu d’argent à la face échiquetée de trois tirés au lion hissant en chef, timbré d’un casque à l’antique, supports deux lions, cimier en tête de veau couronnée de tirés.Les symboles des 4 évangélistes qui servent d’ornement à la façade du jubé montrent un écu écartelé au 1er et 4eme d’argent, au croissant montant de gueule, au 2eme et 3eme losangé d’or et de gueule et sur le tout de (manquant) au lion armé, lampassé et couronné de (manquant) surmonté d’une croix à double branche.(1) En plusieurs endroits du même jubé, on voit des armoiries passées d’argent à la face échiquetée de trois tirés , au lion hissant de chef et passé d’azur à une fleur de lys d’or et deux éperviers de même affrontés et perchés sur les deux retours.(2) On voit aussi 4 écus accolés qui sont au 1er d’argent à la face échiquetée de 3 tirés au lion hissant en chef , au 4eme d’azur à une fleur de lys d’or et deux éperviers de même, affrontés et perchés sur les deux retours, au 2eme accolés au … burelé d’argent et d’azur à trois chevrons de gueule brochant sur le tout, au … losangé de (manquant) et de (manquant) et au 3eme de France au lambel de trois pendants.(3) Ces armoiries sont au dessus de la porte sous le jubé. Aux deux côtés de la voute du même jubé, on en voit d’une autre espèce, savoir écartelé au 1 et 4 d’argent à la face échiquetée, au 2 et 3 d’azur à 3 fleurs de lys d’or, au lambel à trois pendants de (manquant). Dans l’église de Noyers, on voit encore des autels et chapelles à l’antique ; la chapelle est ronde, peu saillante en dehors ; un autel composé d’une table de pierre portée par deux piliers et non adhérente aux murailles, de façon que l’on peut tourner autour de l’autel. On n’y voit nul vestige, de tableau ou autre figure de saint. La fenêtre est au milieu du rond point et fait face au célébrant. Tel est et a toujours été là cette chapelle, aussi bien que celle qui est de l’autre côté qui, aujourd’hui, est adhérente au mur par un maçonnage fait récemment. Dans un ancien livre(4) du monastère qui commence ainsi : Incipiunt usus monasterii B. Mariae Nuchariensis, on parle du dominica de … sunt dies. Les moines avaient une pitance au réfectoire le jour de la mi-carême, que l’on solennisait ; On chantait l’invitation an aubes. Tous les religieux communiaient sous les deux espèces le jeudi saint, le vendredi saint ; le samedi saint et le jour de Pâques. 1. selon l’abbé Chevalier, il s’agit des armoiries de François de Mauny 2. selon l’abbé Chevalier, il s’agit des armoiries de Raoul du Fou du Vigean 3. selon l’abbé Chevalier, au 1 ce serait les armoiries de François de la Marche, au 3 celle de de Mauny et au 4 celles de du Fous du Vigean 4. en marge : fait avant les commandes et après l’abbé Matthieu. ce livre pourrait être de 1300 ou peu après. Page 275 Le jour du vendredi saint, on ne mangeait au réfectoire que du pain et des herbes et on ne buvait que de l’eau. Sur le soir la communauté allait au réfectoire et on distribuait un verre plein de vin à chaque religieux. Le livre des usages défend de s’en abstenir, ne sidi ad yprocrisim reputetur.( pour échapper à tout soupçon d’hypocrisie) Ceci se pratiquait plusieurs fois le jeudi saint après la réfection. Lorsque l’abbé de Noyers venait à mourir ou qu’il se démettait de son abbaye, la communauté envoyait à l’archevêque de Tours, un ou d »eux députés pour lui présenter les lettres de sa mort scellés des sceaux du prieur et du Chapitre ou l’acte de démission et demandait la permission d’élire un successeur, ce qu’il accordait par des lettres scellées de son sceau. On portait l’abbé élu à l’autel de la Vierge pour l’offrande que l’on appelle à Rome l’adoration. On portait aussi les lettres de l’élection dressées au nom de la communauté et scellée de son sceau à l’archevêque de Tours et on lui présentait le nouvel élu ; alors l’archevêque s’informait de sa vie, de ses mœurs, et de sa science, et s’il le trouvait capable, il le confirmait et lui indiquait un jour pour le bénir ; alors l’abbé lui faisait une profession entre les mains de l’archevêque. L’abbé était reçu avec cérémonie en son monastère, l’archidiacre d’outre-Vienne l’installait en sa place du chœur et pour ce l’abbé lui donnait un marc d’argent. On lui faisait ensuite promettre par serment sur les saint évangiles d’observer et garder les usages de l’église, bonnes et anciennes et approuvées par les saints et anciens … . En 1589, les troupes du duc de Mayenne ravageaient le pays ? Ces zélés ligueurs qui prétendaient être de bons catholiques massacrèrent un religieux de cette abbaye, le 14 de novembre 1589 vers neuf heures du matin. Il s’appelait François L’hermitte, armoirier Figure enfin ce blason avec le libellé : Armoiries que l’on voit sur le bouclier du seigneur enterré dans le sanctuaire de l’église de Noyers au coté septentrional.
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