A l’automne 1954, une vague de phénomènes ufologiques traversa la France.

De nombreux témoins rapportèrent des observations d’objets volants, le site http://ipani.free.fr cite 34 villes et le site Wikipédia une quinzaine :

  • Le 10 septembre à Quarouble (Nord)  
  • le 24 septembre à Bayonne(Pyrénées atlantiques, Lencouacq (Landes), Tulle Corrèze), Ussel (Corrèze), Gelles (Puy-de-Dôme), Vichy (Allier),
  • le 7 octobre à La Ferté-Macé (Orne), Lavenay (Sarthe), Montlevicq (Indre), Ballon (Sarthe) Cassis (Bouche-du-Rhône) Corbigny (Nièvre), Puymoyen (Charente), Marcillac (Gironde),
  • le 24 octobre à Boulogne-sur-Mer (Pas-de-Calais),
  • et le 30 septembre à Marcilly-sur-Vienne.

Voilà le récit qu’en fit la Nouvelle République le 4 octobre 1954, sous le titre « Les sept ouvriers de la carrière de Marcilly-sur-Vienne nous ont raconté leur étrange rencontre ».

Photo parue dans le magazine Radar du 17 octobre 1954. Info: Patrick Gross

     Les sept témoignages concordants des ouvriers d’une carrière de Marcilly-sur-Vienne qui, jeudi, vers 16 h 30, ont vu tout près d’eux un engin mystérieux et son passager ont intrigué les gens de la région.
     Nous avons pu interroger M. Georges Gatey, chef du chantier et principal témoin de l’événement, ainsi que ses six camarades.
     Nous en rapportons l’impression que ces hommes sont sincères et dignes de foi. Leurs déclarations, ils les ont confirmées vendredi et samedi à des enquêteurs professionnels qui n’ont pas manqué, à leur tour d’être impressionnés par l’accent de sincérité des témoins.
     M. Gatey et ses cinq ouvriers étaient occupés à tirer du sable et du gravier dans une carrière en bordure de la route près de Marcilly. Chacun était à son poste, les uns à la pelle mécanique, les autres au monte-charge. M. Gatey se trouvait à l’écart, plus près de la sortie de la carrière. C’est lui qui, le premier, vit l’engin, un appareil de forme circulaire surmonté d’un dôme, équipé, semble-t-il, de pales semblables à celles d’un hélicoptère.

 

     L’engin se tenait en vol immobile à un mètre du sol, les pales tournant très rapidement. Il ne s’est d’ailleurs pas posé sur le terrain.
Un homme de petite taille, 1,50 m à 1,55 m environ, coiffé d’un casque en matière opaque, ressemblant à du verre brouillé, vêtu d’une combinaison de ton neutre, chaussé de bottillons, se trouvait à côté. Il avait à la main une sorte de gros revolver ou un tuyau et sur la poitrine un disque très brillant, émettant un jet d’une lumière intense.
     Personne, dans la carrière, qui se trouve en contrebas de plusieurs mètres par rapport à la route et aux terrains environnants, n’avait vu arriver l’appareil et ne l’avait entendu.Chacun était occupé d’ailleurs à son travail et les machines qui fonctionnaient en même temps étaient très bruyantes. M. Gatey est formel : l’engin est resté une demi-minute, temps largement suffisant pour pouvoir l’examiner.                                       Le chef de chantier est un excellent dessinateur. Son premier réflexe, après son ébahissement, fut de courir à la tente du chantier pour prendre un papier, un crayon et tracer le croquis de l’extraordinaire machine et de son occupant.

Dessin paru dans la Nouvelle République
Photo de la carrière parue dans le magazine Radar du 17 octobre 1954. Info: Patrick Gross

     Mais j’avais les jambes coupées, nous a-t-il dit, et je ne pouvais pas faire un pas, cloué au sol, certainement par les effets du rayon lumineux émis par l’homme. M. Gatey se trouvait à ce moment-là à une quinzaine de mètres de l’engin et à deux mètres en contrebas. Il le voyait donc du dessous. L’engin, précisons-le, était à l’entrée de la carrière, sur le bord de l’excavation, à 3 mètres de la route. Sur cette route arrivait un camion qui venait charger à la carrière, conduit par M. Amirault, qui vit les carriers regarder vers l’entrée du chantier et il a regardé à son tour. Il a vu « quelque chose de gris » qui ne se trouvait pas là habituellement. Ce quelque chose s’est élevé dans l’air.
     M. Gatey nous a encore dit : « L’homme est remonté dans son engin sans que je puisse dire par où, puis l’appareil a pris de la hauteur, à la verticale, par saccades en sifflant comme le font les moteurs à réaction des avions de chasse. A 200 mètres d’altitude, à peu près, il a émis un brouillard qui l’a dissimulé complètement et a disparu à nos regards. »
« C’est bien ça », ont opiné les autres témoins de la scène.
Émus jusqu’au voisinage de la peur, les hommes ont tacitement tu leur aventure de l’après-midi quand le soir ils se sont retrouvés au petit restaurant de Parçay-sur-Vienne où ils prennent leur repas.     

Article dans France Dimanche du 10 octobre 1954

     Ce n’est que bien plus tard, vers 19 h. 30 ou 20 h., qu’ils se sont décidé à parler.
« J’aurais été seul, je n’aurais jamais rien dit de tout cela, nous disait M. Gatey, de peur d’être la risée du pays. »
     Le chef de chantier était allé sur le rebord de la carrière voir si l’engin avait laissé des traces. Il espérait trouver de l’herbe brûlée, mais il n’y avait rien de semblable, que de l’herbe salie et foulée par les camions.   
     Les sept hommes, dont six ont moins de 30 ans 

sont sympathiquement connus dans la région où ils travaillent déjà depuis quelque temps et rien ne permet de supposer qu’ils aient cherché à monter une énorme plaisanterie. M. Gatey a dessiné de mémoire la silhouette de l’engin et de son passager.
     Ses camarades, MM. René Rougier, André Beurrois, André Sèche, Georges Lubanowich et Maurice Dubrocs, en présence du croquis, ont affirmé : « C’est bien cette forme qu’avait l’appareil en question ». L’engin pouvait mesurer 4 m 50  de diamètre et 2 mètres d’épaisseur. Il était de couleur grise.

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Renaut Leclet, du comité Nord-Est des groupes ufologiques (CNEGU) qui travaille sur les OVNI dans une optique sceptique pense que Georges Gatay et son équipe purent être confrontés à l’atterrissage inopiné d’un hélicoptère de l’armée type Sikorsky S-55.

Selon la revue Ouranos, un enquêteur, monsieur Grondeau qui se rendit sur place quelque temps après, ne put retrouver Georges Gatay et les ouvriers qui avaient tous quitté la région. Les gens du pays prétendirent que Georges Gatay avait monté ce canular de toute pièce. (voir ici article Ouranos)

Jean Mergnac, marcillois bien connu, qui alimenta souvent la chronique locale de ses analyses pondérées et objectives dit dans un article du bulletin municipal :
« Aux enquêteurs qui les pressaient de questions, les témoins de cette visite astrale ont répondu catégoriquement : «  nous ne sommes pas des illuminés, nous sommes sûrs de ce que nous avons vu ».
Même des marcillois dignes de confiance jurèrent avoir cette soucoupe.
Par la suite ces témoins furent beaucoup moins catégoriques. Leur petite histoire fit son chemin et devant la population narquoise et sceptique, ils adoptèrent l’attitude la plus prudente : celle du silence.
Après des enquêtes poussées, il en fut déduit que l’affaire avait été inventée par la joyeuse équipe de carriers à l’instigation de son contremaître, qui pour la rendre plus plausible en avait fignolé tous les détails.
Toutefois certains sous soucopistes acharnés persistent à considérer qu’à Marcilly, comme en d’autres endroits à l’époque, ces observations peuvent être authentiques. Selon eux, les témoins, excédés par les railleries dont ils étaient l’objet, auraient fini par dire qu’il s’agissait d’une plaisanterie juste pour avoir la paix. »

Mykerinos a, dans son site « Touraine insolite », écrit un article documenté sur la RR3 de Marcilly. Pour le lire cliquez sur le bouton « Touraine insolite ».
Patrick Gross, qui se passionne pour l’ufologie et qui a recensé plus de 10 000 cas sur son site
« https://ufologie.patrickgross.org », a réalisé une longue étude sur le cas de Marcilly. Pour la lire cliquez sur le bouton « Patrick Gross ».