Jean-Bernard de Saint Jean, baron de Pointis est né à Loches en 1643.
Entré jeune dans la marine, il passa par tous les grades inférieurs et se distingua dans les expéditions contre les états d’Afrique du Nord en 1685.
Chef d’escadre, il s’empara en 1697, par un coup d’audace de Carthagène des Indes en Colombie, ce qui le rendit célèbre. Mais ne pouvant se maintenir dans sa conquête avec des forces insuffisantes, il quitta Carthagène après l’avoir pillée et il réussit à passer avec sept vaisseaux seulement à travers la flotte anglaise qui en comptait vingt-sept.
Il mourut le 24 avril 1707 et fut inhumé dans le chœur de l’église de Champigny-sur-Marne

Photo site Personajes Históricos de Cartagena de Indias.

Le baron de Pointis, qui connaissait bien la région compte tenu de ses origines, avait financé les travaux de découverte d’une mine près de l’abbaye de Noyers vers 1686. Cette mine contenait du cuivre et sans doute d’autres métaux.

La réglementation ne permettant pas d’exploiter sans autorisation une mine, il sollicita du roi la permission de l’exploiter après avoir dédommagé les propriétaires des terres.

Pour remercier de ses services ce grand marin le roi Louis XIV donna, par un arrêt du Conseil d’État du 28 février 1696 l’autorisation d’exploiter à son profit moyennant diverses formalités. L’arrêt indique que « Le sieur Miromesnil, conseiller du Roi et ses conseils, maître des requêtes ordinaire de son hôtel, commissaire départi pour l’exécution des ordres de sa majesté dans la généralité de Tours, précisant qu’en creusant cette mine plus avant on en peut espérer un avantage considérable ».

Monnaie de Paris MS MS 4°96 F° 236 à 238

Mais comme on le voit, l’arrêt ne parle que de mines de cuivre. D’où vient donc le qualificatif de mine d’or qu’on lui attribua ?

Monsieur de Miromesnil avait simplement dit dans les mémoires, dressées en 1697, pour Monseigneur le duc de Bourgogne  : « on trouve des mines de fer en plusieurs endroits de la Touraine et on a découvert une de cuivre auprès de l’abbaye de Noyers, dont le roi a fait don à M. de Pointis. On prétend qu’il y a de l’or, on a fait plusieurs fois l’épreuve sur quelques morceaux de cette mine qu’on avait trouvé à la superficie, ce qui fait juger qu’on pourrait tirer de grands profits si on fouillait plus avant, les mines étant toujours plus forte dans le fond ».

Jean-Louis Chalmel, dans son Histoire de la Touraine, reprend cette information, indiquant la découverte qu’on fit dans la commune de Noyers, non loin de l’abbaye du même nom, d’une mine qu’on disait contenir de l’or et de l’argent. Il précise même qu’elle aurait pu être d’un grand secours pour le gouvernement, mais qu’on n’en conçut pas une idée fort avantageuse.

Il reprend l’idée de Miromesnil  en indiquant qu’on a peut-être traité cette découverte avec trop d’indifférence, car il ne faut pas juger de la richesse et de la qualité d’une mine sur les parties du minerai qui s’offre à la superficie. Si celle-ci ne promit que du cuivre, elle mériterait peut-être qu’on la sondât plus profondément. 

Il semble que M. de Pointis ne mit pas beaucoup de moyens pour rechercher l’or, sans doute était-il plus préoccupé par sa carrière militaire puisqu’il ne se retira de la marine qu’en 1705.

 

Mais la mine fut exploitée et plusieurs ouvrages en font état :

  • L’encyclopédie de Diderot et d’Alembert parue en 1751  : En Touraine, auprès de l’abbaye de Noyers, une mine de cuivre tenant argent.
  • L’encyclopédie Méthodique du commerce, parue en 1783 parle d’une mine de cuivre découverte près de l’abbaye de Noyers.
  • L’histoire naturelle de Buffon de 1799 : on a reconnu plusieurs mines de cuivre dont en Touraine à l’abbaye de Noyers.
  • Dictionnaire de la province du Maine de 1777 : On trouve des mines de fer en plusieurs endroits de la Touraine et on en a découvert une de cuivre auprès de l’abbaye de Noyers dont le Roi a fait don à M. de Pointis. On prétend qu’il y a de l’or. 

Mais il est possible qu’un jour on parle à nouveau de cette mine si, comme le dit dom Housseau (décédé en 1763) : « les gens du métier conviennent qu’elle est véritablement mine d’or, mais ils croient qu’il faut attendre sa maturité pour en tirer quelque profit ».

Pyrite

Toutefois, Jackie Aubois, nucérien féru de géologie, pense que le calcaire sédimentaire de cette région ne permet pas de contenir du minerai d’or ou de cuivre, mais seulement de la pyrite.

La pyrite contient parfois du cuivre et un peu d’or, mais surtout sa coloration peut faire penser à l’or au point qu’on l’appelle parfois « l’or des fous ».

Toute  l’ambiguïté vient sans doute de là.

Cette mine se situait sur la route de Noyers à Port-de-Piles, sur la droite avant le premier étang près de la Vienne